M.Milis Mathématicienne

Mathématique

Marie Milis

Mathématicienne

Durant mes études secondaires les math n'étaient pas ma matière de prédilection. J'y arrivais, brillamment même, à force de travail ! Une vraie école d'endurance et de volonté. Mon stradivarius à moi était littéraire.

Au moment de choisir mes études supérieures seule la voie "la plus difficile et partant la plus enrichissante" m'était ouverte par les valeurs de mon éducation et la parole de mon père. Je m'y suis donc engouffrée avec application et acharnement, jusqu'à goûter, savourer même, la beauté de ces sommets si âprement atteints.

 

Durant mes études universitaires, j'ai beaucoup aimé les mathématiques dites "pures" (l'algèbre, la topologie, la théorie des catégories,...). Je m'y serais lancée si je n'avais l'intuition puissante que ma vocation était dans l'enseignement.

En 1976 j'ai obtenu de l'université de Louvain de réaliser le tout premier mémoire de licence en mathématique avec orientation pédagogique. Ce fut l'occasion de la création du GEM (Groupe Enseignement Mathématique). Finie la dévalorisation systématique de la pédagogie dans le département de mathématique. Nous ouvrions un champ nouveau de recherche forcément lié au terrain, et donc aux élèves. Ceux-ci ne pouvaient plus être postulés comme disponibles à la parole du maître mais vivants, ayant leurs propres manières de penser, de réfléchir et de comprendre. J'ai utilisé l'art pour les introduire à la géométrie, en présentant aux élèves des situations d'apprentissage où je pouvais les observer acteurs. J'apprenais ainsi de mes élèves comment se construit la pensée mathématique pendant que je leur donnais goût à l'élaboration de cette pensée et donc à la construction de leur savoir mathématique.

 

A peine ai-je obtenu mon diplôme de licence en mathématique, je suis partie aux Etats-Unis comme étudiante Fullbright pour réaliser une maîtrise, toujours en mathématique avec deux accents: celui des pavages et réseaux (des "math pures" très liées à l'art) et celui de la pédagogie. Ma maîtrise en mathématique de l'Université de Washington porte ce titre taillé sur mesure : Master of arts in mathematics with special emphasis in math education.

 

Devenue bilingue, chercheuse et créative, je suis rentrée en Belgique profondément modifiée dans mon identité personnelle: quelle que soit mon lieu d'insertion professionnelle, toute ma vie je serai chercheuse. J'ai enseigné le cours d'agrégation à l'université avant d'enseigner dans une école dite de « discrimination positive » où sont rassemblés des jeunes au parcours semé de difficultés, d’échecs et souvent d’exclusions. Pour que ces jeunes quittent leurs convictions d'être incapables et nuls, j'ai inventé les outils d'une pédagogie tous capables si tous ensemble. Les mathématiques sont devenues occasions de victoire et d'éradication de leurs programmations d'échec. En se découvrant capables, même en math, ils ré-ouvraient la porte de leur futur qu'ils croyaient hermétiquement barrée.

 

Pour témoigner de la dignité avec laquelle ces jeunes ont quitté les ornières de la violence pour s'envoler chacun vers son accomplissement, et pour formuler les outils de cette pédagogie pionnière j'ai repris le chemin de l'université et de la faculté de psycho péda et d'anthropologie pour un D.E.A. à Paris et Louvain. De mathématicienne, aujourd'hui je suis devenue anthropologue des mathématiques : j'analyse les chemins du sens dans l'élaboration des mathématiques auprès des individus et des populations en difficulté. Comme je sais d'expérience les affres de l'incompréhension, la tentation d'abandonner et l'exigence de s'acharner, je me place sur le terrain de l'apprenant. Nous cheminons de questions en questions jusqu'à ce que chacun découvre l'émerveillement qu'il y ait toujours un chemin, une issue, une compréhension lumineuse.

Chercheur en anthropologie des mathématiques, je m’intéresse toujours aux trajets du sens en mathématique, aussi je me donne plusieurs laboratoires d’observation et d’expérimentation : des cours individuels, du coaching de professeurs, des formations enseignantes (ex "Se construire par les math", "Le sens des erreurs en math, "L'erreur est la signature de l'élève" ou "Rendre l'élève auteur de sa formation",...) et des rencontres diverses avec les publics les plus variés ex « Comment canaliser la violence des jeunes par les matières ? »…

 

Fondatrice, avec Isabelle Stengers - philosophe des sciences- , de l’association interdisciplinaire Adomath qui étudie la transmission des math à l’école et ailleurs. Aujourd'hui, j'accompagne élèves, professeurs et parents en recherche. Je rejoins mon terreau de jeunesse en devenant thérapeute des math et par les math !

Marie Milis Mathématicienne

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